Quels sont les avantages et inconvénients du paiement par chèque pour les commerçants ?
Évaluation du paiement par chèque pour les commerçants : avantages et inconvénients
Le chèque reste un moyen de paiement encore utilisé en France, notamment dans certains secteurs d'activité commerciale. Bien que de plus en plus concurrencé par les paiements électroniques, il présente des spécificités qu'il est important de comprendre, tant sous l'angle des avantages que des risques pour les commerçants. Cette analyse détaille les points forts et les limites du chèque dans le contexte bancaire, assurantiel et lié au crédit.
Les avantages du paiement par chèque pour les commerçants
Accessibilité et absence de frais immédiats
Accepter les chèques permet aux commerçants d'élargir leur clientèle, en particulier auprès des personnes qui préfèrent ce mode de règlement ou qui ne peuvent pas régler autrement (absence de carte bancaire, plafonds atteints sur la carte, etc.). De plus, l'encaissement d'un chèque ne génère généralement pas de frais spécifiques, contrairement à certaines commissions appliquées sur les paiements par carte bancaire.
Souplesse face à des montants importants
Le chèque permet le règlement de montants parfois élevés, sans limite réglementaire, ce qui peut s'avérer pratique dans certains secteurs (bâtiment, commerce de véhicules, ameublement, etc.). Pour le commerçant, cela facilite la gestion administrative et comptable de grosses transactions, sans devoir manipuler d'importantes sommes en espèces.
Traçabilité des règlements
Chaque chèque laisse une trace écrite, ce qui constitue un justificatif de paiement utile pour la comptabilité et le suivi administratif. Cette traçabilité peut également jouer un rôle en cas de litige ou de contrôle fiscal.
Les inconvénients et risques associés au paiement par chèque
Risque d'impayé et absence de garantie bancaire
Le principal inconvénient réside dans le risque de non-paiement. Un chèque peut être sans provision, volé ou falsifié. Si la banque du client refuse le paiement (chèque sans provision), le commerçant ne sera pas crédité, même s'il a déjà fourni le bien ou le service. Contrairement aux paiements par carte bancaire, la validation d'un chèque n'offre aucune garantie d'encaissement effectif.
Démarches de recouvrement longues et coûteuses
En cas de chèque impayé, le commerçant doit entamer une procédure de recouvrement, qui peut s'avérer longue et complexe : relance du client, dépôt du certificat de non-paiement, éventuellement recours à une procédure judiciaire. Ces démarches génèrent des coûts et ne garantissent pas toujours le recouvrement effectif de la somme due.
Délai d'encaissement et gestion administrative
Le traitement d'un chèque implique un délai d'encaissement, généralement de quelques jours ouvrés, avant que la somme ne soit réellement créditée sur le compte professionnel. Cela peut impacter la trésorerie, en particulier pour les petits commerces. De plus, la gestion administrative des chèques (remplissage des bordereaux, déplacements en agence, suivi des règlements) représente une charge de travail supplémentaire.
Assurances et protections éventuelles liées à l'acceptation des chèques
Il existe des assurances spécifiques proposées par certaines banques ou compagnies d'assurance, telles que l'« assurance contre les impayés de chèques ». En principe, ces garanties permettent une indemnisation en cas de défaut de paiement, à condition d'avoir respecté certaines procédures (vérification de l'identité de l'émetteur, respect des délais de remise…). Cependant, elles se révèlent parfois coûteuses et soumises à des exclusions, ce qui limite leur efficacité. Par ailleurs, certaines banques proposent le service Vérifiance, permettant de consulter un fichier central des incidents de paiement sur chèques, mais cela ne constitue pas une garantie absolue contre la fraude ou l'impayé.
Recommandations pratiques pour les commerçants
Face aux risques inhérents au paiement par chèque, il est conseillé de respecter quelques bonnes pratiques :
- Demander systématiquement une pièce d'identité originale et en vérifier la concordance avec le chèque.
- Privilégier les clients réguliers ou de confiance pour les règlements par chèque, ou limiter cette modalité pour les transactions particulièrement importantes.
- Remettre rapidement les chèques à l'encaissement et surveiller l'apparition d'éventuels incidents bancaires.
- Envisager la souscription à une assurance pour les impayés de chèques si ce mode de paiement constitue une part significative de l'activité, tout en évaluant soigneusement les garanties réellement fournies.
Bilan : peser avantages et inconvénients pour chaque activité
Accepter le paiement par chèque peut constituer un atout en termes de flexibilité et d'accessibilité, mais présente des risques non négligeables pour la sécurité financière du commerçant. Le choix d'accepter ou non les chèques doit se faire selon la nature de l'activité, la typologie de clientèle, la fréquence des transactions impayées et les solutions de protection envisageables. Aujourd'hui, de nombreux professionnels préfèrent limiter ou refuser le paiement par chèque, notamment en raison des risques d'impayés et de la généralisation des moyens de paiement électroniques, offrant des garanties supérieures.
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